L’hypothyroïdie est une problématique très courante, mais pourtant trop souvent négligée ! Les déséquilibres thyroïdiens affectent environ 200 millions de personnes dans le monde, dont 1 personne sur 7 ou 8 en France.
Dans cet article, nous verrons les mécanismes de la thyroïde, les symptômes de l’hypothyroïdie et les approches naturelles pour soutenir cette glande essentielle.
La glande thyroïde : chef d’orchestre du métabolisme 🎶
Petite et discrète, la thyroïde est une glande en forme de papillon située à la base du cou, qui joue un rôle crucial dans notre corps. Elle produit deux hormones principales : de la T4 (thyroxine) et la T3 (triiodothyronine) en petite quantité.
Le processus de synthèse des hormones thyroïdiennes est fascinant. La thyroïde capte l’iode, pour fabriquer la T4 qui est la forme inactive de l’hormone et un tout petit peu de T3 (insuffisamment pour satisfaire les besoins de l’organisme). Les hormones thyroïdiennes sont synthétisées à partir d’un acide aminé appelé tyrosine. Commes tous les acides aminés on le trouve dans les protéines. Cette synthèse fait intervenir une enzyme appelée thyropexydase (TPO). Cette enzyme nécessite du fer en tant que cofacteur. La T4 fabriquée par la thyroïde est une hormone inactive; le peu de T3 active que la thyroïde synthétise est insuffisant. La T4 devra donc être convertie en T3, seule hormone active !
Cette conversion a lieu principalement dans le foie et les tissus périphériques (reins, intestin..). Cette conversion consiste en fait à retirer un atome d’iode à la T4 (qui en à 4, d’où son nom). Elle devient ainsi T3. L’enzyme qui se charge de cette conversion es appelée 5’désiodase. Pour ce faire, cette enzyme a besoin de différents cofacteurs : le sélénium, le zinc principalement, mais aussi de magnésium, vitamine B12, cuivre, vitamine D, vitamine E et de manganèse. Cette enzyme est aussi influencée par la progestérone.
Nb : il existe une autre enzyme appelée la 5-désiodase, également capable de retirer un atome d’iode à la T4. Cette atome sera différent et donnera de la rT3 (T3 reverse). Cette rT3 n’est pas franchement géniale puisqu’elle va se fixer sur le recepteur (et donc prendre la place de la T3) mais ne l’activera pas ! On la qualifie d’hormone « bloquante » de par son action anti-T3. Cette enzyme est quand à elle influencée par les oestrogènes.
Hypothyroïdie franche ou frustre : quelle différence ? ⚖️
Il existe deux formes principales d’hypothyroïdie, et il est essentiel de les distinguer pour une prise en charge adaptée :
- L’hypothyroïdie franche : C’est la forme la plus évidente et facilement détectable. Dans ce cas, le taux de TSH (hormone thyréostimulante) est élevé, indiquant que la thyroïde fonctionne insuffisamment. Les taux de T4 et T3 sont généralement bas, ce qui entraîne des symptômes prononcés.
- L’hypothyroïdie frustre (ou subclinique) : Ici, la TSH est légèrement élevée, mais les taux de T4 et T3 restent dans les limites de la normale. Cette forme est plus subtile et peut passer inaperçue, mais elle peut déjà provoquer des symptômes gênants nécessitant une prise en charge.
Il est donc crucial de comprendre que la mesure de la TSH seule ne suffit pas ! En effet, on peut avoir une TSH optimale, et une T3 basse par défaut de conversion !
Un autre point important : pour exercer ses effet, l’hormone T3 doit pénétrer dans les cellules. Or cela nécessite une quantité suffisante de vitamine D et de cortisol. On peut donc avec un super bilan sanguin, mais des symptômes d’hypothyroïdie !
D’autre part, il est important de comprendre que les valeurs de TSH dites « normales » par les laboratoires d’analyses sont loin d’être des « normes santé » . D’ailleurs selon plusieurs médecins, formateurs en santé fonctionnelle et spécialistes de la thyroïde (comme par exemple le Dr Résimont, Dr Mouton, Dr Veroli ou encore le Dr Pierre Nys) la norme santé de la TSH se situerait autour de 0,3 – 2μUI/ml
Les symptômes de l’hypothyroïdie : à ne pas ignorer 🚨
Les symptômes de l’hypothyroïdie peuvent varier d’une personne à l’autre, mais voici quelques signes courants qui méritent une attention particulière :
- Fatigue persistante : Une fatigue qui ne disparaît pas, même après une bonne nuit de sommeil, et qui rend les activités quotidiennes difficiles.
- Chute de cheveux diffuse.
- Frilosité : Sensation de froid constante, mains et pieds froids.
- Digestion difficile et troubles du transit, constipation : hypochlorydrie, faiblesse vésiculaire et pancréatique (ballonnements, pesanteurs, reflux, éructations…) conduisant à l’altération du microbiote.
- Œdèmes : Gonflements du visage surtout le matin au réveil, gonflement des jambes, des chevilles, des doigts.
- Peau sèche particulièrement au niveau des jambes
- Dépression : L’hypothyroïdie peut affecter l’humeur, entraînant de l’irritabilité ou même de la dépression !
- Peau jaune/orangée sur les paumes des mains et des pieds, due à une mauvaise conversion des bêtacarotènes en vitamine A.
- Prise de poids inexpliquée
- Problèmes de fertilité et fausses couches.
- Baisse de la libido
- Perte du dernier tiers des sourcils (signe d’Hertogue)
Ces symptômes peuvent sembler anodins, mais ils peuvent indiquer un déséquilibre thyroïdien qui mérite une évaluation médicale.
Les causes de l’hypothyroïdie 🌱
L’hypothyroïdie peut résulter de plusieurs facteurs, souvent liés à notre mode de vie. Voici quelques-unes des causes les plus courantes :
- Carences en nutriments essentiels : L’iode bien sur, mais aussi le zinc, le fer, le sélénium, ainsi que les vitamines D et A, sont cruciaux pour la santé de la thyroïde.
- Apport calorique insuffisant : Les régimes restrictifs peuvent ralentir la fonction thyroïdienne en favorisant la conversion de T4 en rT3 notamment.
- Stress et fatigue surrénale : Le stress chronique perturbe l’équilibre hormonal (cortisol en excès ou au contraire trop bas) et affecte la thyroïde.
- Manque de progesterone : un poids trop bas par exemple, peut réduire les niveaux de progestérone, essentielle pour la thyroïde et notamment pour l’action de 5’désiodase.
- Excès d’œstrogènes : Un taux élevé d’œstrogènes peut inhiber la fonction thyroïdienne en augmentant la production du transporteur des hormones thyroïdiennes (TBG) ce qui diminue la fraction libre des hormones thyroidienne. Les oetrogènes en excès vont aussi favoriser la conversion de T4 en rT3 et freiner l’entrée de l’iode dans la thyroïde.
- Dysbioses digestives / leaky gut syndrom (hyperperméabilité intestinale) : qui peuvent affecter l’absorption des nutriments essentiels à la thyroïde.
- L’inflammation chronique : qui perturbe l’activité de l’axe hypothalamo-hypophyso-thyroïdien, diminue le nombre et la sensibilité des récépteurs aux hormones thyroïdiennes. L’inflammation diminue aussi la conversion de T4 en T3 et favorise la rT3.
- Dysfonctionnement hépatique : Le foie joue un rôle clé dans la conversion de la T4 en T3, un foie en mauvaise santé peut donc compromettre ce processus.
- Présence d’éléments qui perturbent la fixation de l’iode : fluor, chlore, brome, mercure, cadmium, plomb notamment.
- Mais aussi : les métaux lourds, les perturbateurs endocriniens, les nitrates, le tabagisme, les rayonnements ionisants, certains médicaments (lithium, amiodarone, bétabloquants, glucocorticoïdes…) …
Soutien naturel en cas d’hypothyroïdie : la naturopathie à la rescousse 🌿
En naturopathie, de nombreuses stratégies peuvent être mises en place pour soutenir la thyroïde selon les fauteurs de troubles qui auront été identifiés en amont.
- Rééquilibrer les apports, pour maintenir un métabolisme sain, soutenir l’énergie et la fonction hormonale.
- Combler carences via l’alimentation et des compléments pour soutenir la production hormonale.
- Gérer le stress grâce à des techniques de relaxation, la méditation ou la cohérence cardiaque. Pratique d’une activité physique adaptée.
- Soutenir les glandes surrénales, via l’alimentation, la micronutrition, certaines plantes comme la réglisse, l’ashwagandha, le bourgeon de cassis par exemple.
- Adopter une alimentation anti-inflammatoire, pour réduire l’inflammation systémique et améliorer la conversion de la T4 en T3.
- Travail sur l’écosystème intestinal (acide chlorhydrique, microbiote, muqueuse intestinal) pour permettre une bonne assimilation et diminuer les niveaux d’inflammation.
- Optimisation de l’ovulation pour rééquilibrer les hormones féminines
- Certaines plantes peuvent également soutenir la thyroïde, comme le guggul, le bacopa ou encore l’ashwaganda.
Prendre soin de sa thyroïde nécessite une approche globale. Il est essentiel d’agir sur l’ensemble des causes possibles pour optimiser sa santé thyroïdienne 🌟
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Cela n’implique pas l’arrêt de votre médication, qui doit toujours être gérée en concertation avec votre médecin traitant.
Prenez soin de vous et de votre thyroïde ! 😊